Accueil > Préserver l’habitabilité de la planète > Bâtir la Coalition École & Habitabilité de la planète > Contribution "La préservation de l’habitabilité de la planète commencera (…)

Contribution "La préservation de l’habitabilité de la planète commencera seulement le jour où cette nouvelle discipline sera enseignée tout au long des cursus scolaires"

mardi 23 janvier 2024, par André Martin

  • Nous avançons comme des somnambules vers la catastrophe - Edgar Morin - 2011
  • A tous les vivants qui vont souffrir de notre inconséquence. Avec honte - Aurélien Barrau – 2019
  • Tout le monde a une justification et c’est cette justification qui nous perdra - Paul Watson
  • Je pense que la grande majorité des habitants de cette planète n’ont absolument pas commencé à comprendre l’ampleur de la catastrophe dans laquelle nous nous trouvons - Aurélien Barrau – 2019
  • Le monde ne sera pas détruit par ceux qui font le mal, mais par ceux qui les regardent sans rien faire - Albert Einstein
  • Les Gafam ne sont plus des entreprises privées mais des acteurs politiques - Asma Mhalla

Il faut se rendre à l’évidence :

  • 98 % des adultes, même parmi ceux qui sont très conscients des changements incontournables à opérer d’urgence pour éviter la catastrophe climatique, ne trouvent pas le courage de s’imposer ces changements drastiques de leurs modes de vie, de consommation, de voyages, de distraction. Toutes ces activités qui ont été rendus possibles uniquement grâce à l’énorme efficacité des énergies fossiles
  • les « élites » qui détiennent le pouvoir économique, donc le pouvoir de contraindre les décisions des politiques, feront tout pour continuer à se gaver encore 3 ou 4 décennies jusqu’à l’épuisement des énergies fossiles. Résultat « Game over » si nous ne parvenons pas à les en empêcher.

Une course de vitesse est donc (mal) engagée. La préservation de l’habitabilité de la planète ne sera possible que si nous trouvons le moyen pour qu’une large majorité des enfants, notamment les 6 - 20 ans, pas encore complétement formatés par l’idéologie dominante et l’addiction aux consommations superflues, prennent conscience de ces enjeux existentiels. D’où l’incontournable nécessité que cette nouvelle discipline soit enseignée tout au long des cursus scolaires.

Introduction

L’augmentation quasi exponentielle depuis 50 ans de l’extraction des énergies fossiles (charbon, pétrole et gaz) a permis l’augmentation fulgurante du confort et des consommations de tous ordres. Avec pour conséquence l’augmentation tout aussi rapide des émissions de gaz à effet de serre (CO2 et méthane). Eux-mêmes à l’origine du réchauffement climatique et des évènements dramatiques que nous subissons déjà : canicules, mégas feux, cyclones, sécheresses, inondations, baisse des rendements agricoles, élévation du niveau des océans, effondrement de la biodiversité. Or nous avons oublié une évidence mathématique : un taux de croissance continu – ou croissance exponentielle - conduit inéluctablement à un emballement ou une catastrophe. Voir la
Définition d’une croissance exponentielle

L’immense majorité de citoyens n’a pas compris qu’en ne réduisant pas rapidement nos consommations d’énergies fossiles, nous sommes en train de rendre inhabitables d’immenses zones de la planète. Une telle ignorance n’a rien d’étonnant. Pour la simple et unique raison que nous serions aujourd’hui totalement ignorants en physique, chimie, géographie, histoire, biologie ou médecine si ces matières n’avaient jamais été enseignées à l’école. Mais laissées à la curiosité facultative d’une petite minorité de citoyens, « libres » de s’informer via livres, vidéos, podcasts, à la radio, à la télévision, au cinéma ou sur internet.

1 - Actions de sensibilisation et d’alerte menées depuis 15 ans

  • Tous les jours les médias

• relatent, images impressionnantes à l’appui, les conséquences du dérèglement climatique (méga-feux, cyclones, fonte accélérée des glaciers et des calottes glaciaires, sècheresses, inondations, pénuries d’eau, …)
• citent les rapports du GIEC de plus en plus alarmants
• donnent la parole aux scientifiques et aux lanceurs d’alerte (Jean Jouzel, Valérie Masson-Delmotte, Jean-Marc Jancovici, Camille Etienne, François Gemmene, Aurélien Barrau,...)

  • Des centaines de documents aux titres sans ambigüité (livres, films, vidéos, conférences, …) expliquent la gravité de la situation

• « Comment les riches détruisent la planète » - Hervé Kempf – 2007
• « Nous avançons comme des somnambules vers la catastrophe » - Edgar Morin - interview de 2011
• « Petit Manuel de résistance contemporaine » - Cyril Dion - 2018
• « Le plus grand défi de l’histoire de l’humanité » - Aurélien Barrau – 2019
• « L’Humanité en péril – Virons de bord toute ! » - Fred Vargas – 2019
• « Ralentir ou périr » - Timothée Parrique – 2022
• « Terre pour tous », un guide de survie pour l’humanité – Club de Rome – 2023
• « Pour un soulèvement écologique - Dépasser notre impuissance collective » - Camille Etienne - 2023
• D’autres Livres et essais sur https://sorrychildren.com/fr/resources?tab=1

  • Les modes d’action se sont multipliées pour contribuer à la prise de conscience

• les marches pour le climat
• la Convention Citoyenne pour le Climat
• les condamnations de l’Etat pour inaction climatique
• les actions de résistance organisées par les associations (Greenpeace, Attac, Extinction Rebellion, Les soulèvements de la terre, …)
• un petit nombre d’associations, inconnues du grand public, organisent bénévolement des conférences ou formations pour informer les citoyens sur les causes physiques et scientifiques du dérèglement climatique

2 – Les perspectives d’ici 2050 et 2100

Pour ne pas dépasser les + 1,5°C des accords de Paris de 2015, les scientifiques ont calculé qu’il faudrait laisser dans le sol les 2/3 des gisements d’énergies fossiles déjà identifiés. Jean-Marc Jancovici : « Rester en dessous de + 2°C implique de réduire dès maintenant les émissions mondiales de GES de 5 % par an, une baisse équivalente à celle connue en 2020 du fait du Covid ».

La paléoclimatologue Valérie Masson Delmotte, ex coprésidente du groupe numéro 1 du GIEC, résume les raisons pour lesquelles l’accord final de la COP 28 à Dubaï est très inquiétant. « Alors qu’il faudrait baisser de 43% les émissions de GES d’ici à 2030 pour limiter le réchauffement autour de 1,5°C, les engagements des Etats vont conduire à une baisse de l’ordre de 2 à 5 %. Ce n’est pas un décalage mais un gouffre. »

Les 10 % les plus riches génèrent près de la moitié des émissions de GES. Selon le rapport de 2022 du Laboratoire sur les inégalités mondiales. Les 1 % les plus riches émettent autant de GES que les 2/3 de l’humanité. Or, ce sont justement les hauts revenus, qui occupent la quasi-totalité des postes de responsabilité dans l’économie, la politique et les médias. Il serait donc naïf d’espérer qu’ils prennent des mesures réellement incitatives à la sobriété. Et qu’ils réduiront eux-mêmes leurs consommations ostentatoires. Jean-Marc Jancovici en donne une explication simple « Le pouvoir et l’argent donnent l’illusion de la protection contre l’adversité » https://www.youtube.com/watch?v=nKjkdQCG-KE

Dans une interview récent à l’OBS « Le climat est la vraie urgence politique », l’historien des sciences Jean-Baptiste Fressoz nous apprend que « les experts américains ont assez vite jugé que le monde n’éviterait pas le doublement du CO2 dans l’atmosphère. Résultat, dès la fin des années 1970, à la Maison-Blanche, on étudie les conséquences du réchauffement sur les Etats-Unis. Et la conclusion est considérée comme rassurante : l’Amérique pourra s’adapter à une hausse importante des températures. C’est d’un cynisme total car les mêmes experts expliquent que des zones entières de la planète, moins bénies des dieux, devront être « déménagées » … Le déterminant le plus important est la résignation qui a gagné les dirigeants des pays développés dès les années 1980 ».

En France, cette résignation des dirigeants a été officialisée dans la consultation publique lancée en mai 2023 par le Ministère de l’écologie, sur le thème « Trajectoire de réchauffement de référence ». Dans les 31 pages du document joint à la consultation on demande aux citoyens de faire des propositions pour adapter la France à une élévation de température de + 4° C d’ici 2100 ! Comme s’il n’y avait pas eu en 2019 la Convention Citoyenne pour le Climat ! Prendre les citoyens pour des c… c’est un art qui s’apprend !

3 - Bilan et enseignements

Tous ces modes et vecteurs de sensibilisation et d’alerte doivent être poursuivis. Mais force est de constater que toutes les mesures efficaces à prendre d’urgence sont systématiquement refusées, souvent ridiculisées, par les forces politiques exerçant le pouvoir. Et qu’une grande majorité de citoyens, au vu de leurs comportements de consommateurs, de conducteurs et d’électeurs ne semblent pas vraiment conscients de la gravité de la situation. Ou, par mauvaise conscience, se refusent de la voir et de la reconnaitre face à leurs proches.

Parce que les causes et les conséquences du dérèglement climatique et de l’effondrement de la biodiversité s’expliquent exclusivement de manière scientifique, il y a urgence extrême à ce que cette nouvelle discipline soit enseignée de la même façon que les autres sciences : la physique, la chimie, la biologie, la géographie, l’histoire, la sociologie, la psychologie, la philosophie ou la médecine.

Il apparait de plus en plus évident que le récit capitaliste, utile pendant un siècle pour organiser la production et les échanges est devenu, à partir des années 1960, une machine à créer des besoins artificiels, à produire du superflu et à générer des inégalités insupportables devenues très dangereuses pour la démocratie. L’envahissement publicitaire, l’obsolescence programmée et l’innovation permanente dans le but principal de vendre plus, sont totalement incompatibles avec une réduction rapide des émissions de GES. Pourtant indispensable pour atteindre la neutralité carbone à l’horizon 2050. Ce qui nécessiterait de réduire à cet horizon les émissions à 2 Tonnes équivalentCO² par an et par habitant. On nous annonce régulièrement que la France baisse ses émissions, mais la moyenne reste autour de 9,5 Tonnes/an/habitant !

Les citoyens sont noyés dans une profusion toujours plus grande de consommations et de « distractions », souvent addictives, qui les détournent du devoir de s’informer, d’une participation à la vie de la cité, de l’engagement citoyen ou associatif. Activités pourtant indispensables pour être en mesure de voter en connaissance de cause. George Orwell déjà en 1949 dans « 1984 » : « Les films, le football, la bière et, surtout, le jeu, formaient tout leur horizon et comblaient leurs esprits. Les garder sous contrôle n’était pas difficile. » ! Et encore, Orwell n’avait pas imaginé l’avènement d’internet, des séries, des téléphones portables et des réseaux sociaux ! Ni l’apparition des "richissimes délinquants". Aurélien Barrau : "L’homme le plus riche du monde comme archétype de l’homme le plus nuisible au monde".

4 – Quelles autres causes systémiques empêchent d’agir efficacement ? (chapitre à compléter)

Les causes sont tellement nombreuses et imbriquées qu’un gros livre devrait être consacré à les décrire et les désimbriquer. Citons-en quelques-unes, rarement exposées par les pseudo-experts agréés pour causer dans les médias.

4.1 – Nombreuses citations célèbres sur ces causes, sur https://sorrychildren.com/fr/resources?tab=6

4.2 - « Le Triangle de l’Inaction : comprendre les freins à la transition écologique » sur https://www.eliapp.io/blog/comment-agir-dans-la-rse-la-fin-du-triangle-de-linaction-avec-eli

4.3 – Le cercle vicieux entre les politiques et les citoyens :

Si les « responsables » politiques candidats à une élection expliquaient l’ampleur et les causes de la catastrophe dans laquelle nous entrons, ils n’auraient aucune chance d’être élus. Car une large majorité leur reprocherait de n’avoir rien fait pour les en informer beaucoup plus tôt. Ainsi désinformés, l’immense majorité des électeurs continuent de voter très majoritairement pour ceux qui n’ont pas voulu les informer.

4.4 - Les modes de vie des 10 % les plus riches façonnent les envies et les imaginaires. Sans volonté politique de réduire drastiquement les inégalités, aucune chance d’aller rapidement vers la sobriété dans tous les domaines, condition indispensable pour réduire drastiquement les émissions de GES. C’est l’idéologie du « Travailler plus, pour Gagner plus, pour Consommer Plus, pour Polluer Plus, pour rendre la planète Plus inhabitable »

4.5 – Consulter le générateur d’excuses sur https://sorrychildren.com/fr

4.6 – Les explications de Caëla Gillespie dans son livre « Manufacture de l’homme apolitique » :
« Comment s’explique l’inaction des hommes et des peuples ; de quoi est faite notre inertie ? Et face à ce qui vient - le dérèglement climatique, l’extinction de masse du vivant - comment pouvons-nous détourner le regard, pratiquer obstinément le déni de réalité et laisser faire, alors que la situation menace directement nos vies ?
Cinquante ans d’ultralibéralisme ont profondément changé notre rapport au monde. Nous désirons aujourd’hui être reconnus comme des individus et non comme des citoyens. Nous avons appris à croire que la liberté est un droit que nous avons à la naissance et par nature, sans qu’elle ait été construite politiquement. Nous croyons en une liberté apolitique. »

5 – Repensons nos modes de sensibilisation et d’information à partir du constat d’Aurélien Barrau

Constat formulé en 2020 par Aurélien Barrau : « Je pense que la grande majorité des habitants de cette planète n’ont absolument pas commencé à comprendre l’ampleur de la catastrophe dans laquelle nous nous trouvons ».

Ce constat, toujours d’actualité, fait obligation aux associations écologiques et progressistes de proposer de nouvelles actions "systémiques" susceptibles d’ouvrir puis d’élargir des brèches dans le mur de l’ignorance, de la cupidité, du déni ou de l’indifférence.

6 - Trois propositions à ceux qui souhaitent agir efficacement pour la préservation de l’habitabilité de la planète

Proposition N°1 – Toutes les associations écologiques et progressistes devraient agir ensemble pour qu’une nouvelle discipline intitulée « Préservation de l’habitabilité de la planète » soit enseignée tout au long des cursus scolaires

Nous utilisons le terme « Préservation de l’habitabilité de la planète », afin d’englober dans cette nouvelle matière le changement climatique, l’effondrement de la biodiversité, ainsi que les autres « limites planétaires ».

On ne sensibilise pas à la physique, la chimie, la biologie, la géographie, l’histoire, la philosophie, la sociologie, la psychologie, la médecine. On les étudie et on les enseigne. En quoi ces matières seraient plus importantes que celle consistant à étudier et enseigner la « Préservation de l’habitabilité de la planète », domaine vaste, complexe, à dominante scientifique ? Domaine qui relève aussi très fortement du civisme … que le Président de la République dit vouloir refonder !

Nos enfants et petits-enfants ont un droit à ce que leur soient enseignés les défis liés à la préservation de l’habitabilité de la planète, du fait que nous vivons sur une planète finie. Non encore formatés par le récit capitaliste, les enfants pourront ainsi inciter leurs parents et grands-parents à leur laisser une planète habitable. En optant dès maintenant pour des modes de vie, de production et de consommation beaucoup plus sobres.

Quelles forces oseront refuser ce droit essentiel, permettant à chaque enfant d’être correctement formé sur ce qui conditionne la survie des générations futures ? Aussi, nous invitons les scientifiques, les intellectuels, les associations et les partis défendant l’intérêt général à populariser cette revendication N°1 : « La préservation de l’habitabilité de la planète commencera SEULEMENT le jour où cette nouvelle discipline sera enseignée tout au long des cursus scolaires ». Ce qui nécessite d’en convaincre les membres de leurs organisations représentatives : les syndicats enseignants et lycéens, les instances de la vie lycéenne (CNVL, CAVL), etc ...

Déjà en 2019 l’économiste Jean Gadrey expliquait le rôle essentiel et irremplaçable que devrait jouer l’éducation nationale pour cet enseignement. Voir sa riche contribution intitulée Pour le climat et la biodiversité, il faut d’urgence « verdir le mammouth » (l’éducation nationale)

Proposition N°2 – Toutes les associations écologiques et progressistes devraient commencer bénévolement l’enseignement de cette nouvelle discipline. Etape indispensable pour faire comprendre la nécessité de l’intégrer aux cursus scolaires

Pour dispenser cet enseignement, les livres, les vidéos de conférences, les documentaires ou les BD ne sont pas les outils suffisants et adéquats. Les présentations de type Powerpoint sont indispensables, parce qu’elles sont adaptables en fonction des âges, des connaissances des auditoires et de la durée des modules de formation. Elles permettent de prendre le temps nécessaire pour commenter les infographies ou répondre aux questions. Enfin, parce que les représentations graphiques sont indispensables, pour visualiser les ordres de grandeur et leur évolution dans le temps.

Depuis plusieurs années, au moins deux associations ont commencé ce travail. En formant des conférenciers et en mettant certaines de leurs présentations à la disposition de tous, sous la forme de fichiers Powerpoint ou de Formation en Ligne Ouverte à Tous (SLOT) :

• L’association « Avenir Climatique », composée de nombreux jeunes sympathiques et motivés, forme bénévolement cette année 300 conférenciers sur 4 WE, à Lyon, Paris, Rennes et Toulouse. Voir leur site. Et leur excellente Formation en Ligne Ouverte à Tous

• Le think tank The Shift Project présidé par Jean-Marc Jancovici fait un travail de fond remarquable depuis de nombreuses années. Leur kit du conférencier est accessible pour les adhérents.

• L’association The Shifters structurée en groupes locaux relaie les travaux du Shift Project.

Le problème est qu’il faudrait multiplier par 1000 le nombre de conférenciers formés chaque année par les associations de ce type. Et multiplier par 10 000 les conférences et formations organisées chaque année. Ces associations disposant de très faibles moyens ne sont donc pas structurées pour aller proposer aux associations, comités d’entreprises, écoles, universités, élus, syndicats, partis, …) leurs services et prestations généralement bénévoles.

Il incombe donc aux citoyens conscients de l’absolue nécessité de ce travail d’information populaire massif, de prendre l’initiative d’organiser dans leurs entreprises, écoles, universités, syndicats, associations, … des conférences ou des formations sur le thème de la Préservation de l’habitabilité de la planète. Ou d’aller proposer formations ou conférences aux MJC, aux municipalités et aux associations. Ainsi qu’aux sections syndicales d’entreprises, aux fédérations syndicales, unions départementales et unions locales. Car les structures syndicales étant très nombreuses, les premières actions de formation feront tâche d’huile par le bouche à oreille. Voir par exemple la grande initiative de la CGT "Les Etats généraux de l’industrie et de l’environnement : Un premier rendez-vous national le 28 mai"

Les associations, les scientifiques du GIEC, les climatologues et lanceurs d’alerte (Jean Jouzel, Valérie Masson-Delmotte, Jean-Marc Jancovici, François Gemmene, Dominique Bourg, ...), les associations (Greenpeace, négaWatt, Réseau Action Climat, Alternatiba, Oxfam France, Les Amis de la Terre, …) et les organismes publics (Haut Conseil pour le Climat, Ademe, …), devraient travailler ensemble pour constituer, avec les enseignants du secondaire, une médiathèque d’outils et supports pédagogiques. Et définir ensemble le programme à enseigner pour chaque niveau du collège et du lycée.

A partir de ces outils, des modules devront être déclinés pour la formation continue des adultes. Afin que tous les citoyens (salariés, syndicalistes, élus, militants associatifs, chômeurs, …) puissent en bénéficier. Notamment dans le cadre du congé de formation. En formant prioritairement, les enseignants, les étudiants, les militants associatifs, syndicaux et politiques. Ainsi que les retraités motivés qui ont de la disponibilité pour de telles missions de bénévolat.

Cette étape d’information à grande échelle est indispensable pour 2 raisons principales :

 c’est seulement en se formant et en devenant soi-même conférencier que l’on découvre l’ampleur des sujets à expliquer. Et donc l’absolue nécessité d’intégrer cette nouvelle matière aux cursus scolaires

 cette étape mettra la pression sur les décideurs politiques et économiques pour qu’ils soient contraints d’accepter l’intégration de cette nouvelle matière aux cursus scolaires

Pour que ce grand projet d’information populaire porté et coordonné par des centaines d’associations soit bien identifié, un nom emblématique et conquérant serait nécessaire. Les suggestions sont les bienvenues !

Proposition N°3 – Toutes les associations écologiques et progressistes doivent « s’efforcer au langage clair pour ne pas épaissir le mensonge universel », en nommant inlassablement tout ce qui contribue à l’écocide en cours

Certains affirment qu’il serait contre-productif d’insister sur la gravité de la situation. Au motif que si on dit que la catastrophe est inévitable les gens ne verront plus de raison d’agir. D’autres estiment qu’il ne faut pas dissimuler ou minimiser les réalités résultant des travaux des scientifiques. Versons quelques éléments un peu cartésiens à ce débat qui va se poursuivre :

1 – Albert Camus disait : « Mal nommer un objet, c’est ajouter au malheur de ce monde » et « La logique du révolté est de s’efforcer au langage clair pour ne pas épaissir le mensonge universel ».

2 - Antonio Guttierez, Edgar Morin, Aurélien Barrau, Jean-Marc Jancovici, Hervé Kempf, Jean Jouzel, Valérie Masson-Delmotte, Camille Etienne, Cyril Dion, Timothée Parrique, … sont des personnalités reconnues pour leurs compétences et leur sens de l’intérêt général. Les titres de leurs livres, la teneur de leurs interviews et conférences, leurs citations ou épigraphes sont sans ambiguïté sur la gravité de la situation et sur l’aspect dérisoire des mesures annoncées par les responsables politiques et économiques.

3 – Pour ne pas faire peur, faudrait-il dissimuler ou minimiser les réalités résultant des travaux des scientifiques ? A quoi cela servirait-il, puisque ces réalités apparaitront chaque année plus clairement aux yeux de tous ? Par les dégâts occasionnés, l’envolée des impôts ou taxes pour y faire face, l’envolée du coût des assurances, les millions de réfugiés climatiques supplémentaires.

Camille Etienne : « La peur c’est le contraire de l’apathie, c’est une étape vers l’acceptation et donc vers l’action. Qui, seule, peut nous sauver collectivement. La peur est, paradoxalement, un chemin vers le raisonnable, vers le savoir et la science. »

Dissimuler ou minimiser les réalités scientifiques, c’est ce que souhaitent ceux qui sont au pouvoir ou l’ont exercé au cours des décennies écoulées. En qualifiant d’écologie punitive toutes les mesures jugées comme inévitables par les scientifiques, ils instrumentalisent la crainte du changement pour combattre leurs adversaires politiques, écologistes et progressistes.

4 – Nous devons analyser et expliquer les racines politiques et idéologiques du réchauffement climatique et de l’effondrement de la biodiversité. Voir la chronique d’avril 2023 de Stéphane Foucart chargé des sciences au journal Le Monde, « La Fresque du climat invisibilisent les racines politiques et idéologiques du réchauffement ! »

5 - Tout en étant aussi factuelles que possible, nos formulations doivent permettre aux citoyens de prendre leur part de la bataille idéologique en cours. Comme le fait l’astrophysicien et philosophe Aurélien Barrau, l’un de ceux qui pousse le plus loin l’analyse écologique, philosophique et anthropologique du « plus grand défi de l’histoire de l’humanité ». Voir Citations d’Aurélien Barrau

Voir dans la nouvelle rubrique « Bâtir la Coalition École & Habitabilité » les articles suivants :
• Manifeste fondateur de la Coalition pour l’Habitabilité
Les appréciations très positives de ChatGPT sur notre contribution « La préservation de l’habitabilité de la planète commencera seulement le jour où cette nouvelle discipline sera enseignée tout au long des cursus scolaires »
Les appréciations très positives de l’IA Le Chat sur notre contribution « La préservation de l’habitabilité de la planète commencera seulement le jour où cette nouvelle discipline sera enseignée tout au long des cursus scolaires »

Site réalisé SPIP avec SPIP nous contacter Plan du site Suivre la vie du site RSS 2.0