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L’idéologie Valls-Sarkozy est à l’origine du chômage de masse et de la crise

jeudi 3 avril 2014, par André Martin

En 2011 Manuel Valls proposait de "déverrouiller les 35 heures" en revenant à une durée légale du temps de travail de 39 heures. Il était également favorable à l’augmentation du nombre d’annuités ouvrant droit à la retraite à taux plein. Alors que les 41 annuités signifiaient déjà la retraite à 65 ans pour tous ceux qui ont fait des études supérieures et commencé à travailler à 24 ans. Il n’a bien sur jamais dénoncé le scandale du cumul emploi retraite sans limites de revenu, tellement préjudiciable aux 5 millions de demandeurs d’emploi. Manuel Valls est donc un ardent défenseur du « Travailler plus pour gagner plus », cette idéologie mise en œuvre dès 2002 et dont on voit 12 ans après les résultats en matière d’emploi.

Dès 1997, Michel Rocard écrivait en 4ème de couverture de son livre « Les moyens d’en sortir » : « L’inexorable montée du chômage démontre l’inefficacité de toutes les techniques utilisées pour le combattre … On ne luttera efficacement contre le chômage massif que par la réduction massive du temps de travail. Toute la question est : comment faire ? ». Aucun esprit rationnel ne peut en effet contester qu’un partage plus équitable du temps de travail est incontournable si l’on veut réellement réduire le chômage de masse et les scandaleuses inégalités de revenu qui en découlent.

« Travailler plus pour gagner plus » est l’habillage idéologique de la dérégulation toujours plus grande du temps de travail prônée par le MEDEF et les socio-libéraux : recours abusif aux contrats de travail en jours, non comptabilisation des heures supplémentaires, refus fréquents des temps partiels choisis, limitation des Compte Epargne Temps, accords « ANI » de flexibilisation de l’emploi prévoyant des augmentations du temps de travail, etc ...

Avant 1981, toute entreprise qui voulait faire travailler ses salariés en heures supplémentaires devait obtenir chaque année l’accord de l’inspection du travail. Cette procédure de contrôle permettait à l’inspection du travail de refuser des plans de licenciements à des entreprises qui recourraient abusivement aux heures supplémentaires. La suppression de tout contrôle a conduit les entreprises à faire du nombre de postes de travail la seule variable d’ajustement des fluctuations économiques. Alors que le principe de solidarité devrait conduire à faire fluctuer les durées du travail comme les fluctuations économiques subies par les entreprises : baisser la durée moyenne du temps de travail en période de récession ou de chômage élevé et inversement.

Il n’est donc pas exagéré d’affirmer que l’idéologie du « Travailler plus pour gagner plus » est responsable de la persistance d’un chômage de masse. Cette idéologie est une incitation à l’individualisme et à ne pas se préoccuper de l’intérêt général. Cette idéologie est également à l’origine de la crise, puisque le chômage de masse est, avec la dérégulation financière, la cause première de la crise, comme nous le démontrons dans le diaporama « Les causes principales des dettes publiques et de la crise ».

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